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8/05/2026
S'excuser, un chemin de retour vers soi, un chemin pour préserver une relation.
Jusqu’à mes 28 ans, j’ignorais combien j’avais le symptôme du perfectionnisme.
Quand je l’ai découvert, j’ai compris combien l’exigence que j’avais envers moi-même avait aussi un impact dans mes relations…
Un perfectionniste a du mal à s’excuser.
L’environnement dans lequel j’ai grandi n’était pas non plus propice aux excuses…
J’ai appris à m’excuser… jusqu’à tomber dans l’excès…
À 44 ans, alors que je traversais une étape de vie importante, j’ai entrepris un accompagnement psychologique pour discerner le vrai du faux… ou peut-être plutôt le juste de la manipulation.
Je me souviendrai toujours de cette phrase :
« Madame Cocquyt, vous vous rendez compte que vous vous excusez même lorsque c’est l’autre qui vous a blessée ou qui est à l’origine de la situation ? »
J’en ai pleuré.
Evoluer auprès de personnes qui ne s’excusent pas a été profondément déstabilisant pour moi, parce que le lien a toujours eu une grande valeur dans ma vie.
Alors, plutôt que de risquer de perdre une relation qui m’était chère, je pardonnais… et je me taisais.
Aujourd’hui, je me suis reconnectée au sens profond de l’excuse.
S’excuser ne signifie pas s’effacer, ni porter ce qui ne nous appartient pas.
C’est reconnaître avec honnêteté qu’à un moment donné, avec le niveau de conscience que nous avions, avec parfois de la maladresse mais aussi une intention sincère de bien faire, nous avons posé un choix.
L’excuse permet alors de réparer, de se pardonner et de remettre de la justesse dans la relation.
Elle est aussi une manière de se respecter : mettre des mots clairs sur ce qui a été vécu, sans accusation et sans effacement.
L’excuse a aussi une portée énergétique.
Lorsqu’un malentendu, une blessure ou une parole non reconnue reste en suspens, quelque chose demeure en nous : une tension, une charge, parfois une fatigue silencieuse.
Le corps se contracte, le cœur se protège, l’énergie circule moins librement.
Une excuse sincère remet du mouvement là où quelque chose s’était figé. Elle libère ce qui pesait, apaise le système intérieur et rend de l’espace à la respiration, à la clarté et à la présence.
Et lorsque cette réparation ne vient pas, prendre de la distance peut aussi devenir un acte profondément régulateur.
En cessant d’alimenter des liens qui épuisent, nous récupérons une part de notre vitalité.
Nous retrouvons de la disponibilité intérieure, de la stabilité et une énergie plus juste à offrir à ce qui nourrit véritablement la vie.
