Passer au contenu principal

SilAlliance

Blog - Réflexions

19/07/2026

Les enfants, ces protecteurs que l’on ne voit pas

Le jour où j’ai compris qu’ils m’avaient autant accompagnée que je les accompagnais

Le jour où j’ai compris que mes enfants incarnaient, ensemble, toutes les valeurs qui me sont importantes, quelque chose s’est profondément transformé en moi.

Comme s’ils étaient venus révéler les différentes facettes de mon être.

Les énergies qui avaient besoin de se rééquilibrer en moi.

L’un représente le mouvement, l’action, la structure et le discernement.

L’autre m’a reconnectée à la douceur, au lien, à la tendresse et au cœur.

À travers les défis de leur accompagnement, de leur éducation et de leur évolution, j’ai découvert bien plus que la manière dont j’étais mère.

J’ai découvert la femme que j’étais.

Et surtout, j’ai appris à m’aimer pour moi-même.

Aujourd’hui, je sais que mes enfants n’ont jamais eu besoin d’une mère parfaite.

Ils avaient besoin de ma présence.

De ma joie de vivre.

De mon sourire.

De mon authenticité.

De mon amour.

Cela leur suffisait.

Les enfants nous protègent aussi

Il m’a fallu des années pour comprendre que je n’avais pas seulement protégé mes enfants.

Eux aussi m’avaient protégée.

Pas avec la force des adultes.

Pas avec des solutions.

Pas avec des réponses toutes faites.

Ils m’ont protégée par leur simple présence.

Lorsque mon fils aîné était petit, il m’a dit un jour :

« Maman, avec toi, tout doit toujours aller vite. »

Je suis restée scotchée.

Parce qu’au fond de moi, je savais qu’il avait raison.

Je lui ai répondu :

« Tu as raison. »

Cette phrase est restée avec moi.

J’ai toujours essayé de reconnaître mes torts, mes erreurs et mes débordements émotionnels, souvent liés à la fatigue, au doute ou à la charge mentale.

Lorsque mes enfants expriment qu’une parole ou une réaction les a contrariés ou blessés, même si ce n’était pas mon intention, je prends le temps de les écouter et de m’excuser.

Parce que l’intention ne change pas toujours l’impact.

Il m’est arrivé, sous l’effet de la fatigue, d’entrer dans une dynamique où tout devait aller vite.

Faire.

Organiser.

Anticiper.

Gérer.

Je voulais bien faire.

Je voulais tout assumer.

Je voulais être présente partout.

Mais parfois, à force de vouloir tout faire, on oublie simplement d’être.

Et c’est là que mon fils m’a tendu un miroir.

Sans jugement.

Avec la sincérité d’un enfant.

Du faire à l’être

Avec le temps, j’ai compris une chose essentielle :

L’efficacité et la durabilité ne naissent pas uniquement de notre capacité à faire.

Elles naissent de notre équilibre entre le faire et l’être.

Entre l’action et la présence.

Entre ce que nous accomplissons et la manière dont nous habitons ce que nous vivons.

C’est cette présence qui crée le lien.

C’est cette présence qui nourrit la confiance.

C’est cette présence qui reste dans les souvenirs.

Mes enfants ne se souviendront pas de tout ce que j’ai accompli.

Ils se souviendront de ce qu’ils ont ressenti à mes côtés.

Deux enfants, deux énergies

Puis son petit frère est arrivé.

Avec une énergie différente.

Chaque matin avant l’école, chaque soir à nos retrouvailles, notre rituel était le même :

Des bisous.

Des câlins.

Des regards remplis d’amour.

Comme s’il venait me rappeler que, même au milieu du chaos, il existe toujours un espace où l’on peut simplement aimer.

Deux enfants.

Deux personnalités.

Deux façons d’être au monde.

L’un m’a appris à ralentir.

L’autre m’a réconciliée avec la tendresse.

Ils m’ont montré que chaque être arrive avec sa propre vibration, son propre langage et sa propre manière d’aimer.

Ils ne sont pas venus répondre à mes attentes.

Ils sont venus révéler des parts de moi qui demandaient à être reconnues.

L’amour et le cadre

En les observant grandir, j’ai aussi compris que l’amour, à lui seul, ne suffit pas.

Aimer, c’est aussi poser un cadre.

Dire non lorsque c’est nécessaire.

Maintenir une limite même lorsque cela est inconfortable.

Parce qu’un cadre n’enferme pas.

Il sécurise.

Pendant longtemps, ils m’ont regardée comme celle qui savait.

Même lorsqu’ils me répondaient.

Même lorsqu’ils semblaient penser que je ne comprenais rien.

Je voyais derrière cela leur besoin profond de pouvoir s’appuyer sur moi.

Non pas parce que j’étais parfaite.

Mais parce que j’étais leur repère.

Quand la vie nous transforme

Puis ma vie a vacillé.

L’accompagnement de mon père en fin de vie, jusqu’à son décès.

La séparation avec le père de mes enfants après 20 ans de vie commune.

Un licenciement du jour au lendemain pour « réorganisation ».

Des trahisons de différentes natures.

Autant d’épreuves qui m’ont profondément transformée.

Des épreuves qui m’ont fait douter de ma valeur, moi qui avais pourtant construit ma confiance en moi, depuis l’enfance, en m’appuyant sur mes réalisations, mes réussites et ma capacité à avancer malgré les obstacles.

À ce moment-là, j’ai choisi de prendre soin de mes enfants.

Mais surtout, j’ai choisi de prendre enfin soin de moi.

Parce que je comprenais que pour les protéger durablement, je devais aussi apprendre à me reconstruire.

Et dans cette période où je pensais devoir être forte pour eux, ce sont eux qui sont devenus une source de force.

J’ai compris quelque chose d’essentiel.

Mes enfants n’avaient pas besoin que je réussisse tout.

Ils n’avaient pas besoin que je sois parfaite.

Ils n’avaient pas besoin que je porte tout sur mes épaules.

Ils avaient besoin de moi.

De la femme que je suis.

De ma présence.

De mon amour.

Les enfants ne sont pas responsables des blessures des adultes

Mes enfants m’ont aussi appris une vérité fondamentale :

Je ne peux pas attendre d’un enfant ce que j’attends d’un adulte.

Même devenus de jeunes adultes, ils continuent de construire leur identité.

Ils expérimentent.

Ils cherchent.

Ils apprennent.

Ils tombent.

Ils se relèvent.

Les adultes, eux, ont la responsabilité de regarder leurs blessures, de demander de l’aide et d’assumer leurs choix.

Lorsqu’ils choisissent de ne pas le faire, ce n’est plus aux enfants d’en porter le poids.

Et ce n’est plus à moi non plus.

Un jour, une amie m’a dit simplement :

« Ce sont des enfants. Ce n’est pas pareil. »

Cette phrase m’a profondément apaisée.

Elle m’a rappelé qu’un enfant n’est jamais responsable des blessures d’un adulte.

Mais qu’il peut, sans le savoir, devenir un merveilleux révélateur.

Merci mes enfants

Aujourd’hui, j’ai envie de leur dire merci.

Merci à mon aîné de m’avoir appris à ralentir.

Merci à son frère de m’avoir reconnectée à la tendresse.

Merci à tous les deux de m’avoir montré que l’amour le plus profond ne dépend ni de la performance, ni de la réussite, ni de la perfection.

Merci de m’avoir appris qu’une mère peut reconnaître ses erreurs sans perdre sa place.

Au contraire.

C’est peut-être ainsi qu’elle apprend aussi à ses enfants qu’ils ont le droit d’être imparfaits, de réparer et de continuer à aimer.

On dit souvent que les parents élèvent leurs enfants.

Je crois qu’il existe une autre vérité, plus discrète, presque sacrée :

Les enfants élèvent aussi leurs parents.

Ils réveillent notre conscience.

Ils mettent de la lumière là où nous cachions encore nos blessures.

Ils nous invitent à devenir chaque jour un peu plus alignés avec qui nous sommes profondément.

Alors aujourd’hui, du plus profond de mon cœur…

Merci.

Merci d’avoir été mes protecteurs.

Malgré moi.

Et peut-être même…

Malgré vous.

2 réponses

  1. Chère Silvia,
    je ne t’aurais probablement pas écrit ceci il y a encore un mois car ça a été comme tu le sais une année difficile mais riche en enseignements. Je me retrouve souvent dans quelques points à ce que tu as si bien écrit.

    Car ce que tu as écrit est profondément humain. ❤️

    J’ai été très touché en te lisant, parce que tu ne cherches pas à montrer une mère idéale, mais une femme qui accepte de regarder son parcours avec beaucoup de lucidité, de courage et de douceur. C’est cette authenticité qui rend ton texte si beau.

    J’aime particulièrement cette idée que nos enfants nous élèvent autant que nous les élevons. C’est une vérité que l’on oublie souvent, et tu la racontes avec beaucoup de justesse et de sensibilité.

    Ton témoignage montre aussi qu’il est possible de transformer les épreuves en une source de croissance, sans jamais perdre de vue l’essentiel : la présence, l’amour et le lien. C’est profondément inspirant.

    Merci d’avoir partagé une part aussi intime de toi. Je suis convaincu que beaucoup de parents se reconnaîtront dans tes mots et qu’ils s’y sentiront compris, sans jamais se sentir jugés.

    Je t’embrasse et te souhaite de continuer à écrire avec cette sincérité qui touche le cœur.

    Vassi

  2. 🫶🏻
    Merci pour tes mots, qui me touchent beaucoup, tu t’en doutes. Nos enfants nous ramènent à l’essentiel dans la vie. On retrouve un travail. On fait de nouvelles connaissances, les amitiés peuvent fleurir à n’importe quel moment, pareil pour l’amour lorsque le coeur reste ouvert à la vie. Et d’un point de vue spirituel, il est écrit que nos enfants ont un contrat d’âmes avec nous… Ils ne sont pas venus par hasard 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *